Streameurs, les rois de l’audience

Véritables stars du direct et de l’audience, les streameurs pourraient très vite intéresser une télévision que certains disent en perte de vitesse. Côté eSport, la qualité de production de la télévision et son professionnalisme laissent imaginer des shows dantesques.

 

« Quand tu réussis à te « stariser», tu as tout gagné. » clame Mathieu Fichot auteur du blog ESPORT 1 au sujet des streameurs. Ce sont eux le fer de lance et le noyau dur de l’eSport, ceux qui se filment sur une web TV en jouant aux jeux vidéo en direct. Qu’ils soient animateurs ou influenceurs, pédagogues, performeurs ou casters (commentateurs de parties d’autres joueurs, le plus souvent de compétition), les « stars du stream » sont suivies par une communauté immense éparpillée dans le monde entier. Éric Dieulangard directeur Millenium.org abonde « aujourd’hui les plus grosses audiences ce sont les influenceurs. C’est des « DominGo », « ZeratoR », « Ninja » aux États-Unis … La plupart du temps ils se streament chez eux en train de jouer et de délirer sur leur pc. ».  L’un des exemples le plus criant est peut-être celui Tyler Blevins dit « Ninja », streameur/youtubeur américain de 27 ans, qui détient l’audience record de 67 000 téléspectateurs en direct en avril 2018 sur un stream et dont le revenu mensuel est estimé à 500.000 dollars.

Pour en savoir plus sur Tyler Blevins.

Cependant pour beaucoup d’appelés, peu d’élus, l’apparition de Twitch en 2011 rend certes le stream accessible pour beaucoup, mais streamer ne rime pas toujours avec succès. Il ne suffit pas d’être passionné et de jouer pour plaire. Au-delà de l’implacable communauté qu’il faut séduire avec un style novateur et l’aspect purement technique du jeu, le stream nécessite de vrais compétences-métiers. Il faut entre autres, bien cibler son public, savoir interagir avec lui via le chat, les réseaux sociaux, se mettre à sa disposition. Il y a aussi les difficultés du direct, la nécessité d’avoir des bases de graphisme pour l’habillage, savoir bien configurer sa connexion et son matériel, et surtout maintenir un niveau de jeu élevé en jouant et rejouant hors stream… « De manière générale les influenceurs ou streameurs les plus suivis sont des gens extrêmement professionnels dans leur activité, même s’ils se sont développés de manière autodidacte. » affirme Nicolas Besombes, le Vice-président de l’association France Esports. Les plus grosses web TV arrivent à mutualiser ces compétences en faisant appel à des experts pour les différents postes (technicien, graphiste, régisseur, comptable, community manager, …), afin de laisser le streameur se concentrer sur son cœur de métier.

Depuis plusieurs années des écoles fleurissent pour former « les futurs talents de l’écosystème du gaming » nous explique Nicolas Besombes, également membre du comité de pilotage de l’une d’entre-elle. Il s’agit de donner les armes aux jeunes passionnés, grâce à la transmission de ceux qui ont réussi. Très clairement, un nouveau métier est entrain de naître.

« By us, for us »

Il y a cependant un hic. La niche du eSport est aussi rafraichissante du fait de son amateurisme et de la proximité que cela engendre. « Pour être caricatural, la télévision est très sérieuse alors que l’eSport est très «trollesque». » complète Mathieu Fichot. C’est sa souplesse et son ton décontracté qui l’avantage face à la télévision. Plusieurs exemples passés prouvent que la communauté n’est pas forcément prête à tant de professionnalisme. « Les amateurs auraient l’impression de se voir dépossédés de ce qu’ils aiment. » concède Mathieu Fichot.

Cependant, certains comme chez Webedia ont réussi le mélange avec des ex de la télévision, comme nous le confie Eric Dieulangard « ils nous ont apporté une rigueur, une méthodologie, des compétences-métier qui n’existent pas chez les autodidactes du stream. ».

Trouver un juste milieu

Avec d’un côté le média télévisuel qui s’éloigne des programmes d’information pour s’orienter de plus en plus vers le divertissement, et de l’autre l’eSport qui fait le chemin inverse, les courbes pourraient se croiser, ou se mêler. « C’est la notion « d’entertainment », il ne faut surtout pas que le téléspectateur zappe ou se lasse. » argumente Fanny Didierjean, analyste des médias.

Le premier bénéficie de décennies d’expérience dans la production mais pâti d’une image rigide et vieillotte, tandis que le second jouit d’une réputation grandissante décomplexée et plus proche des « jeunes » mais qui doit encore se professionnaliser. « Des experts du milieu avec le côté show de la télévision, cela pourrait faire bon ménage ! » s’enthousiasme Théophile « Hicks » Dupont le joueur de la team Millenium. Le mariage semble parfait si chaque partie fait un pas vers l’autre.

 

L’avis de Nicolas Besombes, vice-président de l’association France Esports :

 

L’exemple à ne pas suivre : Squeezie chez  » Salut les Terriens »

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